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Les
pesticides dans les eaux
- Bilan annuel 2002 - |
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- CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES -
L'observation des pesticides dans les eaux continentales en France métropolitaine a porté, en 2000, sur au moins 3000 points de surveillance des eaux superficielles et souterraines. Parmi ces points, 1000 d’entre eux appartiennent à des réseaux nationaux de connaissance générale. Un complément d’information est obtenu au travers des données du contrôle sanitaire et les suivis locaux réalisés par les groupes régionaux "Phyto". L’ensemble de ces points ne constitue pas un réseau représentatif de la qualité de la totalité des rivières et nappes d’eau souterraine en France. De plus, toutes les substances actives ne font pas encore l’objet d’un suivi de routine. Néanmoins, les informations disponibles permettent d’établir des éléments de diagnostic.
Sur les 3000 stations où les données sont disponibles en 2000, 90% de celles situées sur des eaux de surface et 58% de celles surveillant des eaux souterraines sont touchées par la présence de pesticides. On retrouve 148 pesticides différents dans les eaux de surface (sur 320 recherchées) et 62 dans les eaux souterraines (sur 292 recherchées) ; mais les substances les plus fréquentes sont en majorité des herbicides de la famille des triazines. Leur présence chronique a conduit le ministère de l’Agriculture à prononcer l’interdiction de la plupart des triazines à partir de 2003. D’autres substances, bien que déjà interdites, comme le lindane, le dinoterbe ou le dinosèbe, sont encore présentes, notamment dans les eaux souterraines, illustrant ainsi les délais parfois très longs de renouvellement de ces milieux.
Sur l’échantillon de rivières et de nappes appartenant aux réseaux nationaux de connaissance générale, les pesticides se retrouvent à des concentrations telles que les milieux aquatiques peuvent être perturbés ou les seuils admissibles pour la production d’eau potable dépassés. Des interrogations scientifiques demeurent sur l’impact à long terme du mélange de ces pesticides sur la santé humaine et les écosystèmes.
Depuis 1998, l’établissement des bilans annuels conclut à l’existence d’une situation préoccupante. L’évolution continue des réseaux d’observation et des méthodes analytiques rend délicate une interprétation des tendances d’évolution de cette contamination. Une analyse approfondie de ces questions méthodologiques est actuellement en cours.
En revanche, sur le littoral, l’observation depuis 25 ans de certains pesticides par l’IFREMER conduit à l’établissement d’un jeu de données, qui montre, pour la famille des organochlorés (DDT, lindane et dérivés) des tendances significatives à la baisse. Mais les triazines sont présentes sur l’ensemble des zones côtières et estuariennes.
Les éléments d’information disponibles pour les départements d’Outre-Mer, recueillis grâce aux rapports de situation établis par les DDASS et les DIREN ou suite à des missions d’inspection de l’Etat, montrent un niveau de contamination très préoccupant notamment pour les Antilles et la Guyane et, dans une moindre mesure, à la Réunion.
Afin de réduire les pollutions dues aux pesticides, les ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture ont lancé, en août 2000, un programme de réduction des pollutions par les produits phytosanitaires - "plan Phyto" - qui prévoit un certain nombre d’opérations, menées à l’échelle nationale et régionale.
Le déploiement, au plan régional, de l’outil de gestion et de traitement des données Système de suivi et d’information des pesticides dans l’hydrosystème et l’environnement - SYSIPHE - contribuera à alimenter le système d’information national en améliorant la collecte des données de qualité des eaux. Quant aux données concernant les quantités de produits utilisés, des progrès doivent être réalisés afin de compléter les seules informations disponibles sur des tonnages globaux par grandes familles de produits.