Entretien et restauration d'un cours d'eau : les limites du raisonable

Le cours d'eau n'est pas une entité isolée, c'est un milieu à plusieurs dimensions qui évolue en continu. Ce que l'on observe au niveau du lit mineur constitue la résultante d'inter-actions qui se situent au niveau du bassin versant et des écoulements artificiels dans les parties urbanisées. Le volume d'eau variera au cours des saisons ou des années en fonction de l'intervention humaine.

Mais dans un village comme le notre, situé au fond d'une vallée, au confluent de plusieurs talwegs (vallées sèches), la préoccupation principale est la lutte contre les inondations. Nous aborderons les divers problèmes séquentiellement.

Quel est le vrai tracé de l'Aubette ?

Il existe sur le tracé de l'Aubette un contentieux diffus, car selon certaines sources le cours aurait été dévié en des temps relativement récents. En effet, selon un acte faisant partie de la propriété actuelle du Moulin des Champs, il existe un droit d'eau car vers le milieu du 19ème siècle, le moulin produisait de l'électricité pour la commune. La présence d'un lieu-dit sur les fonds cartographiques et les documents anciens témoignent de la présence d'un "moulin des champs" au moins jusqu'au 14ème siècle. Qui dit moulin, dit forcément bief pour l'alimenter.

L'affirmation qu'il serait possible, voire utile de remettre l'Aubette dans son "vrai" lit, est totalement infondée. Ceci n'enlève rien à l'utilité de la création d'un fossé de décharge, alimentées par ouverture de vannes "automatiques". Le cadastre napoléonnien présente les deux tracés (le bief et le fossé), mais sur la carte d'intendance c'est le bief qui est clairement bordé d'arbres. D'ailleurs il existe bien deux ponts en pierre, rue de Chantereine.

Modification du lit, modification du débit

Les anciens se souviennent d'un cours d'eau plus profond, contenant plus d'eau. On oublie que le pompage au niveau de la source de la Douai pour alimenter en eau potable de nombreux villages a fait baisser ce niveau de façon significative. La rupture de la digue de l'étang au bout du chemin des Groseillers représente un autre point fort de la mémoire collective. Le ru s'est envasé et plus rien n'a été comme avant. Il est probable que les causes sont multiples pour arriver à la situation actuelle qui, de l'aveux de tous, n'est pas satisfaisantes. Nous nous garderons ici de proposer des solutions qui sont forcément du ressort des professionnels et des administartions compétentes. Le PNR édite une brochure "Entretien des cours d'eau", la Fédération de Pêche met à disposition de nombreux ouvrages (exemple de fiche) et réalise des opérations de conseil (voir aussi la visite des aménagements piscicoles le long de la Viosne).

L'état des lieux : irresponsabilité et arbitraire

L'Aubette, même s'il s'agit d'un bief, est classé cours d'eau de 2ème catégorie. Les parties qui traversent les propriétés privées sont soumises à des textes. Il y a obligation d'entretien mais après demande d'autorisation auprès de la Police des Eaux, un message que la Mairie a du mal à relayer. Les exemples de travaux en totale infraction par rapport à la réglementation ne manquent pas. Nous plaidons ici pour une concertation et une action d'information vis à vis des riverains pour prévenir au moins les actions les plus dommageables : curage sauvage, traitement des berges et du lit mineur avec des désherbants, bétonnage des berges.

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