Comment massacrer un cours d'eau en 3 leçons

traditionnellement, le curage des cours d'eau se faisait à la main. On évitait soigneusement d'élargir le lit et les "boues" de curage n'étaient pas déposées sur les bords pour éviter la formation d'un bourrelet avec un fort dénivelé par rapport au niveau de l'eau.

La photo ci-contre montre l'engin à l'œuvre. Même si la mauvaise foi du commanditaire des travaux n'est pas en cause, le mauvais exemple est total : curage mécanique, élargissement du lit, dépôt des boues sur le bord. En fait, cette situation dure depuis des années.

Ci-contre un exemple d'entretien sommaire des berges avec traitement au désherbant. Ce tronçon de l'Aubette, nu de toute végétation, le terme exacte est ripisylve, est sûrement difficile à entretenir. Le fauchage est plus long et il faut revenir plus souvent. A terme, les berges seront envahies d'orties et autres plantes sélectionnées, l'absence d'ombre sur l'eau favorisera la pousse du cresson de façon excessive, un cercle vicieux garanti.

Le troisième exemple est à la fois plus subtil et plus choquant sur le plan du respect du milieu naturel. Dans la réglementation sur l'entretien des berges il est clairement indiqué qu'il est interdit de rompre la continuité hydraulique entre les berges et le cours d'eau. En d'autres termes, il ne faut pas bétonner les berges.

La pose de plaques sur les bords a deux effets préjudiciables :

  1. Les espèces végétales ne peuvent plus s'accrocher, il n'y a plus d'habitat pour les espèces animales,
  2. Le débit est accéléré entre des berges en dur, renvoyant tous les problèmes d'entretien en aval, chez le riverain qui lui a conservé des berges plus respectueuses du milieu naturel.

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