Présentation de la charte paysagère d'Avernes
Le
vendredi 24 janvier vers 18h30 une cinquantaine
de personnes étaient
présentes dans la salle Joseph Kessel. Il
est vrai que l'horaire choisi n'était pas idéal.
Cette séance se
tenait plus de 2 ans après la présentation
du diagnostic qui a eu lieu le 1er décembre
2000.
Il n'est pas dans notre intention de faire ici un compte-rendu polémique
de cette soirée peu mémorable. Il est vrai que les questions soulevées,
pourtant légitimes, ont été parfois traitées sur
un mode caricatural ou éludées, remises à plus tard. Les
réunions publiques sont justement faites pour que les citoyens s'expriment
et non pour écouter sans jamais se poser de questions.
Les
recommandations de la charte paysagère sont-elles susceptibles d'emporter
l'adhésion des avernois ? Il serait utile de présenter tout d'abord
les points forts :
Il est indiscutable que le bureau d'études Atelier 15 a consacré
une bonne partie de ses efforts sur l'étude du bassin versant. Compte
tenu de l'importance du phénomène de ruissellement et de l'érosion
des sols arables qui entraînent coulées de boues et inondations
dans le village, ceci est compréhensible. La sensibilité paysagère
dans le traitement de ces problèmes a participé dans le changement
d'attitude de la municipalité, qui au début de l'année
2001 ne jurait que par les bassins de retenue en béton, à l'entrée
du village. Une bonne partie du document est donc consacrée à
l'étude de l'écoulement des eaux, de l'implantation de freins
aux endroits les plus propices, haies, fossés, rehaussement de routes,
mares, etc. Même si le chiffrage actuel des travaux d'aménagement
semble exorbitant, le Maire a avancé la somme de plus de 3 000 000 €
, la bonne inscription de ces ouvrages dans le bassin versant et surtout leur
rôle préventif par rapport au ruissellement et l'érosion
des sols, nous ne pouvons qu'applaudir ces recommandations.
Le point sur les mesures de protection contre les inondations étant largement
fait ailleurs sur le site nous allons dans la suite insister sur les autres
points soulevés lors des débats, à l'exception du problème
de l'insécurité routière qui sera traité ultérieurement
en tant qu'élément indissociable de notre cadre de vie.
Faut-il ou non déclasser le terrain de foot communal ?
Actuellement inscrit en zone ND (réservée aux bois et autres espaces à préserver) sur le POS, la charte propose son inscription en zone urbanisable. La réponse fournie par le Maire, en substance que cette affectation donne la possibilité à la commune de disposer d'un terrain pour construire, en cas de besoin, des équipements communaux, une nouvelle école par exemple, nous semble tout à fait satisfaisante et démontre une volonté d'anticipation de l'évolution de la commune.
Constructibilité et point de vue remarquable
Sur
le POS actuel, la prairie située entre l'impasse Montenolles et l'allée
de tilleuls est inscrite en tant que zone 1NA (opération future), susceptible
de recevoir 6/7 maisons. Sur les plans inclus dans la charte paysagère,
une partie de ce terrain est proposée en espace vert. Il en est de même
pour le dépotoir qui jouxte la ferme Maurice. Peu d'habitants connaissent
l'existence d'une mare qui se trouve au fond de ce terrain. De plus, sa nature
tourbeuse indique qu'il s'agit bien là d'un milieu humide, réservoir
classique de biodiversité, que le PNR est censé préserver.
La construction excessive sur un tel sol, outre les problèmes d'humidité
à évacuer, aurait modifié son fonctionnement d'éponge,
jouant un rôle régulateur par rapport aux crues. Pour toutes ces
raisons, nous approuvons ces recommandations sans réserve.
Que signifie la proposition de paysager les berges de l'Aubette ?
Dans
le propos de Monsieur Bertrand, il n'y avait aucune ambiguïté :
il s'agit de gérer la végétation du bord du ru (le terme
savant est la ripisylve) qui aujourd'hui n'est pas la plus adaptée. Il
est dommage que la charte ne contienne pas plus de précisions sur le
projet ancien (datant des années 1980) de réaliser la plantation
d'une double allée de tilleuls, dans le prolongement de l'église
et jusqu'à la rue de Chantereine. Ce projet pharaonique correspond clairement
à un paysage urbain et est totalement inadapté à l'environnement
agricole. Nous aurions également souhaité que soit, même
sommairement, abordée la reconfiguration de la berge pour concilier les
expansions de crues, la renaturation du ru, à l'occasion de la création
de la promenade qui est prévue depuis des années.
Espaces verts et paysages
Sur
les cartes de la charte paysagères nous voyons apparaître la création
d'un espace de loisirs au lieu d'un terrain agricole. Rappelons quand même
que la commune a signé la charte du PNR et de ce fait s'est engagée
à tout faire pour préserver les espaces agricoles. Il s'agit là
d'une remarque importante sur laquelle le Maire a voulu ironiser refusant le
débat de fond. Tout d'abord il ne faut accorder aucun crédit au
rôle protecteur d'un tel espace vert vis-à-vis du cours d'eau.
Le PNR subventionne la création de bandes enherbées de 6 mètres
de large. Celles-ci agissent comme des pièges pour les engrais et pesticides.
La promenade inscrite sur les plans fait déjà une dizaine de mètres,
donc constitue une largeur plus que suffisante. Quant à l'allusion de
la constructibilité du fond de la parcelle agricole, elle relève
des commentaires farfelus étant donné les règles d'urbanisme
applicables dans le Vexin (constructions en bordure de route).
En conclusion nous souhaitons mettre en avant quelques principes d'aménagement
auxquels nous tenons. Les terres agricoles en exploitation constituent, avec
le relief, un élément indissociable du paysage vexinois. C'est
bien l'aspect des champs cultivés, qui change au fil des saisons, qui
fait que nous aimons ces paysages et nous souhaitons les préserver. Des
espaces verts il en faut un peu ; nous avons déjà un terrain communal
(tennis, basket, pétanque) dont la charte préconise le maintien,
car aujourd'hui il est constructible. Trouver les moyens de faire reculer les
friches (il y en a pas mal autour du village), faire vivre le territoire par
tous les moyens, préserver les chemins de randonnée, nous sommes
favorables. Mais nous ne voulons pas de la multiplication des espaces verts
de type square, dont l'entretien posera des problèmes à la commune
et qui, fondamentalement, ne constituent pas un besoin pour les habitants. Nos
remarques s'inscrivent dans la réflexion que conduisent les associations
autour du thème de la ruralité du territoire et de son avenir
au moment où s'ouvre la procédure de renouvellement du PNR. Nous
aurons l'occasion d'en reparler.