Le mauvais exemple institutionnalisé ?

La commune d'Avernes, comme d'autres villages du Vexin, n'est pas un modèle de village soigné et coquet. Par moment d'efforts considérables sont faits, puis pendant de longues périodes tout est laissé à l'abandon. Admettons cependant que le budget n'autorise pas de grands frais pour l'entretien, mais regardons quand même des villages voisins qui s'en sortent bien mieux : Théméricourt ou Vigny. Mais de là s'autoriser un comportement destructeur…

Des cas de pollution du fait des mauvaises habitudes et du comportement peu citoyen de certains, vous en trouverez pleins sur nos pages. Le cas exposé ici est plus grave, pas seulement pour l'atteinte au milieu naturel, déjà fortement dégradé, mais surtout par ce que le coupable est la commune. Le pauvre ruisseau qui traverse le village n'avait pourtant pas besoin de ça. Sur la photo ci-contre vous pouvez constater l'aspect du cresson, jauni et tordu. Il est vrai que de dégager le lit de temps en temps c'est bien utile. Mais c'est fatigant. Du coup il est plus simple de pulvériser du désherbant directement dans l'eau. Le rédacteur de ces lignes a été directement témoin de la scène, il ne s'agit donc pas de on-dit. De plus ce n'est pas la première fois.
Alors que le Parc naturel régional se pose comme un modèle de cadre de vie, qu'une nouvelle charte est à l'étude avec des missions élargies : lutte contre les pollutions, développement durable, nous jugeons ce type de comportement inacceptable. Les autorités compétentes seront averties (Police des Eaux, Préfecture, PNR). Le Maire dans sa réponse argumente que le produit utilisé, le glyphosate, est homologué pour l'entretien des berges. Curieusement le "round-up" dont la substance active est le glyphosate n'est pas autorisé. Quoi qu'il en soit, l'entretien d'un cours d'eau et le respect du milieu naturel passe par un changement de comportement. (Voir la page sur l'entretien des cours d'eau).

 

Encore un exemple ci-contre de mauvaises herbes traitées par du désherbant sur le bord de la chaussée. A gauche et un peu plus bas passe un petit cours d'eau qui rejoint l'Aubette 100-150 mètres plus loin. Le décors est ici amélioré par des sacs en plastic présents sur les lieux depuis des semaines, sans réaction du cantonnier ni des passants.

Utiliser une débroussailleuse pour faire le même travail, ou encore retirer le cresson à la main prend beaucoup plus de temps. Puis il faut se débarrasser des déchets, ce qui est aussi compliqué.

C'est "naturel" ainsi d'avoir recours à des techniques plus expéditives, mais c'est rigoureusement interdit. Nous n'allons pas faire l'inventaire des textes en la matière. Pour ceux que le sujet intéresse, il faut télécharger l'article concernant "l'état de la ressource en eau". Ils y trouverons des précisions sur la réglementation en vigueur.

 

Pour que des villages aux maigres ressources budgétaires réussissent à améliorer leur aspect, il faut l'adhésion et la participation de tous. Mais puisque le mauvais exemple est donné par l'autorité communale elle-même, ne nous étonnons pas que les habitants ne se sentent pas concernés au delà des limites de leurs propriétés.

Les décharges sauvages de déchets verts, parfaitement connues et tolérées, ne sont encore une fois qu'un exemple parmis d'autres. Et pourtant, nous payons tous dans la taxe des ordures ménagères une contribution pour les déchetteries qui sont sensées recevoir les déchets verts des habitants du canton. Nous pouvons aussi faire notre compost et même parfois brûler.

Il parait que le Vexin français exerce une grande attraction par la qualité de ces paysages et ces villages préservés. Des fois l'on se demande si ces formules toutes faites ont vraiment un sens pour tout et chacun !

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