De l'intérêt des instances consultatives et du travail de veille des associations
Le
Préfet du Val d'Oise ayant été contraint de prendre un arrêté autorisant
l'épandage des boues d'Achères suite à une intervention ministérielle, il
a
tenu à mettre en place un comité de suivi des épandages, dont l'installation
a eu lieu le 25 mars dernier. Les informations et documents sur le bilan de
la campagne 2002 nous ont été fournies lors de la séance du 26 juin dernier.
que nous avons étudié avec attention. Nous y avons découvert
un certain nombre d’éléments surprenants.
En substance, dans le bilan de la campagne 2002 apparaissent un bon nombre
de parcelles retirées du plan d’épandage à la suite
des recommandations du Conseil Départemental d’Hygiène
de septembre 2002. Certes, l’arrêté du Préfet n’a été pris
qu’à la fin du mois d’octobre soit après la campagne
2002. Cependant, après vérification auprès de la DDAF,
la SEDE a été informée, suffisamment tôt,
que certaines parcelles présentaient un dépassement des valeurs
limites pour le flux cumulé sur 10 ans et ne devaient plus recevoir
de boues. Malgré cette recommandation claire, des parcelles retirées
du plan d’épandage dans les communes de Saint-Clair sur Epte,
Banthelu et Cléry-en-Vexin ont été épandues à la
dose maximale 13-15 T/ha au cours de la campagne 2002, soit en septembre 2002.
Si ce comportement ne peut être qualifié d’illégal,
il reste parfaitement incorrect et irresponsable sur le plan environnemental.
Plus grave encore, dans le même rapport au CDH il était indiqué que
six parcelles sur le territoire de Grisy-les-Plâtres devaient être
retirées du plan d’épandage à cause de la “sensibilité aux
apports par infiltration des eaux de surfaces” de la source de Berval
qui est “alimentée par des écoulements karstiques”.
Cette source, qui a déjà présenté des pollutions
récentes, alimente en eau potable les communes de Grisy-les-Plâtres
et Epiais-Rhus. Or, 38 hectares du périmètre captant de cette
source ont fait l’objet d’un épandage à 15 T/ha toujours
au cours de la campagne 2002 (parcelles en bleu sur le plan ci-contre). Il
est évident
que ces évènements
justifient pleinement notre méfiance par rapport aux pratiques de la
SEDE, uniquement soucieuse de placer son produit quelles qu’en soient
les conséquences.
La préfecture en a été informée et la presse sera saisie. Le comportement méprisant par rapport aux consommateurs de l'eau de la source de Berval, à lui tout seul, mérite une sanction appropriée. Mais il faut surtout faire connaître le manque de sérieux dans ces pratiques pouvant porter atteinte à l'environnement. En effet, la SEDE nous abreuve de déclarations grandiloquentes et se réfugie derrière des procédés certifiés ou des logiciels sophistiqués. Ceci ne suffit plus pour masquer la réalité : sur le terrain on s'arrangera toujours.