Document sans titre
CHARS : Débat sur l'épandage des boues d'Achères à la salle de l'Age d'or

Le monde associatif incite à la prudence

En présence des riverains, de Jean Pichery, Conseiller général du canton de Marines et maire de Cormeilles-en-Vexin, Yorghos Remvikos, président d'Avernes Environnement, ouvre la séance : "S'il est difficile d'atteindre une position équilibrée dans un débat bipolaire, il est nécessaire de s'exprimer lorsque l'on juge une réglementation inadaptée". Face à une pratique d'épandage sur laquelle les connaissances scientifiques sont lacunaires, le monde associatif refuse la prise de risque. ainsi, les Amis de Chars, les Amis du Vexin, les Amis du Bochet et l'association Avernes Environnement ne cèdent pas à la psychose mais préconisent la prudence.

 

LES RISQUES EVENTUELS

Selon Jacques Léraillé, président des Amis du Bochet, les boues d'Achères contiendraient 4 à 5 fois plus de métaux lourds que celles de l'Oise. Une teneur en éléments toxiques qui atteindrait le seuil limite au bout d'un peu plus de 2 épandages. Le risque de transfert des polluants serait alors possible par érosion des sols et ruissellement. De plus, en cas d'épandage sur des terrains en pente, il pourrait avoir pollution des sources et des cours d'eau. Si l'Union européenne inscrit la protection des sols au même titre que celle de l'eau et de l'air, la France n'a pas instauré de normes très restrictives dans ce domaine. La suppression des seuils très stricts initialement prévus dans le plan départemental d'élimination des déchets à la suite d'une intervention du Ministère de l'Ecologie a ouvert la voie à l'arrêté préfectoral autorisant l'épandage, forçant ainsi les associations à engager la bataille juridique.

UNE PRISE DE CONCIENCE NECESSAIRE

Pour les amis du vexin, il ne s'agit pas de remettre en cause l'épandage mais de prendre en compte la spécificité des boues et des territoires. "Nous jouons aux apprentis sorciers. Nous ne savons pas quoi faire de ces boues. L'enquête publique a révélé l'avis défavorable des élus, des associations et de la population mais nous manquons d'armes pour défendre nos propos. C'est pourquoi, il est nécessaire d'effectuer nos propres tests", considère Jean Pichery. Refusant de pratiquer l'incinération, la station d'Achères ne proposerait pas non plus de solutions permettant d'éliminer les éléments polluants à la source. Rejetant aussi la tentative d'élaboration d'un produit normalisé, constitué à la fois de déchets propres (compost de déchets verts) et d'éléments toxiques, les associations prônent la vigilance. Il s'agit ici d'une tentative grossière pour éviter l'application de la législation sur les déchets à la pratique de l'épandage agricole.
Grâce à la mobilisation des associations lors de l'enquête publique et les prises de position des conseils municipaux, certaines mesures restrictives ont été appliquées : annulation de l'épandage à Grisy-les-Plâtres, création d'une commission de surveillance et une validité de l'autorisation ramenée à 5 ans. Aujourd'hui, il y a une baisse dans les commandes des agriculteurs, comme l'avouent les représentant du SIAAP. A défaut d'armes suffisantes et de solutions imminentes, les associations poursuivent leur devoir d'information et encouragent la mobilisation de la population.

La Page des boues
Retour à l'accueil