Editorial Juin 2003
Discriminations et exceptions face à la nature : Il faut se le dire les citoyens ne sont pas tous égaux !
Le
débat parlementaire sur la chasse, s'est soldé par un vote
dépassant les clivages politiques, soumis totalement au dictat du
lobby des chasseurs. Il instaure légalement des inégalités
quant aux droits des citoyens utilisateurs de la nature. Les promeneurs,
marcheurs, randonneurs ou naturalistes n'ont plus droit de citer. Le jour
de non-chasse est purement et simplement supprimé. Les quelques tentatives
d'aménagement et d'adaptation à la réalité locale
n'ont pas été retenues. Loin d'apaiser le débat, le
nouveau texte donne satisfaction à ceux qui ont toujours refuser le
partage, y compris par des actes de violence.
Pendant ce temps là dans le Vexin l'on continue de parler de ruralité sans
préciser laquelle. Un bon exemple de dérive sémantique
a été fourni par le colloque tenu au sénat le 28 mai dernier
: Thème de ce colloque : "La Ruralité, un atout pour
demain à défendre ensemble". Nous ne pouvons qu'être
intéressés. Le carton d'invitation explique notamment que ce
colloque s'inscrit comme un temps fort du calendrier gouvernemental. Conscient
de l'enjeu que la ruralité représente pour notre pays, le Premier
Ministre souhaite que ce colloque ouvre la voie à une politique ambitieuse
et innovante avec, dés cet automne au Parlement, un projet de loi sur
les affaire rurales ". Mais très vite l'on déchante, puisque
l'organisateur de ce colloque, "Lobbying et Stratégies" est
connu pour n'avoir qu'un seul client : Chasse, Pêche et Traditions.
Alors, on a beau nous dire que la concertation est au centre des préoccupations
de nos dirigeants, nous sommes en droit d'avoir quelques sérieux doutes...