Editorial : L'Ecologie de plus en plus à l'honneur

Nous nous sommes ici même fait déjà écho de certains renoncements préjudiciables à l'environnement. Le report de la date limite pour l'enfouissent des déchets non ultimes n'étant que le premier d'une série. La récente annonce de l'enterrement de la nouvelle loi sur l'eau, après le report sine die du financement de contrats territoriaux d'exploitation et de toute mesure agrienvironnementale constituent autant de gouttes susceptibles de faire déborder le vase. Non seulement l'on incite plus l'agriculture à de meilleures pratiques grâce à un plan de financement adéquat, mais en enlève toute pression puisque le principe du pollueur-payeur ne sera pas appliqué.

Revenons cependant à des préoccupations plus "locales". La lettre comminatoire du Ministère de l'Ecologie sommant le Val d'Oise de se mettre au pas et d'accepter sans discussion les boues d'Achères a rapidement été suivi des faits. Les administrations (DDAF, DRIRE, ADEME, DIREN) qui travaillaient ensemble à la préparation d'une charte très restrictive pour l'épandage des boues d'épuration et des divers composts ont voté comme un seul homme en faveur de l'épandage des boues d'Achères à la session du conseil départemental d'hygiène le 26 septembre dernier. Sous la présidence du Préfet, la séance avait un côté solennel. Onze voix pour, quatre contre, dont Val d'Oise-Environnement et les représentants des consommateurs et deux abstentions.

Ce n'est pas seulement la méthode autoritaire que l'on souhaite stigmatiser, surtout dans un contexte où nous sommes inondés de propos en faveur de la décentralisation ou de l'expérimentation à l'échelle régionale, mais avant tout ce chantage qui consiste à dire que de toute façon il n'y a pas aujourd'hui d'alternative. L'incinération n'est pas sans présenter d'inconvénients et pour l'enfouissement la capacité est insuffisante. Il faut surtout mettre en cause l'imprévision des autorités par rapport à l'avenir et les conséquences à long terme sur les terres agricoles, le manque de courage pour avouer qu'il s'agit surtout de problèmes financiers et d'investissements qui n'ont pas été réalisé à temps.

La lecture du dossier présenté à la Commission départementale d'hygiène suscite de nombreuse inquiétudes (présentées ailleurs dans le détail), comme ce fut le cas à l'examen du volumineux dossier d'autorisation, soumis à l'enquête publique. Le faible nombre d'agriculteurs, l'opposition quasi unanime des conseils municipaux des communes concernées, le vote défavorable du comité syndical du Parc naturel régional du Vexin français, l'opposition de la Chambre d'Agriculture et les milliers de signatures de particuliers et d'associations inscrites dans le registre de l'enquête publique sont apparemment quantité négligeable face à des intérêts "supérieurs".

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