Avoir le courage de prendre les bonnes décisions !

Pollutions : avons-nous vraiment pris la mesure des menaces sur la santé ?

Avec le battage médiatique concernant l'élaboration et l'adoption de la Charte de l'Environnement, certains prédisaient des jours meilleurs pour l'environnement. Rappelons que l'article 1 stipule : "Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé". Et pourtant, rarement l'accumulation d'informations, de rapports alarmistes et d'annonces de décisions politiques calamiteuses avaient atteint un tel sommet.
Il n'est pas dans nos habitudes de faire du catastrophisme, les données parlent d'elles-mêmes. Il y a d'abord le Rapport de la commission nationale du plan santé-environnement. Comme le dit Benoit Hopquin dans le Monde du 14 février "(le rapport) est pourtant une des sommes les plus complètes jamais réalisées en France sur les conséquences sanitaires de la pollution. Sous une présentation austère et distanciée, il est en même temps un appel pressant à agir."
La sous-évaluation des risques liés à l'environnement est mise en avant. Dégradation de l'eau, de l'air, dommages aux sols, bruits, nuisances agricoles ou industrielles, contamination des aliments, dangers chimiques ou radioactifs, sur les lieux de travail, dans les intérieurs, dans les écoles ou dans les hôpitaux, sont patiemment recensées. Si vous voulez consulter les 246 pages du rapport et surtout les recommandations des 21 experts (synthèse dans le communiqué de presse), il est téléchargeable sur le site du Premier Ministre.

Suppression de l'IFEN, propositions pour la nouvelle loi sur l'eau : inquiétudes et incompréhension

Depuis quelques jours circule l'information concernant la mort programmée de l'Institut français de l'environnement, en tant qu'organisme indépendant. L'IFEN, un Etablissement Public localisé à Orléans qui avait été créé par le gouvernement Rocard (le décret de création a été signé le 18 novembre 1991 par Edith Cresson) est donc en passe d'être rayé d'un trait de plume par le gouvernement Raffarin.
Rappelons que, à la veille du Sommet de la Terre de Rio, en application du Plan National pour l'Environnement (PNE), présenté au parlement en juin 1990, l'IFEN avait été créé, en tant qu'Etablissement Public, correspondant français de l'Agence Européenne de l'Environnement localisée à Copenhague. En ligne avec le concept et le mode de mise en oeuvre des politiques publiques de développement durable émergentes à cette époque, les diverses parties prenantes (scientifiques, associations, élus, administrations...) étaient largement représentées dans les trois instances gouvernant l'IFEN : conseil d'administration, conseil scientifique et comité des usagers.
Le cabinet de Madame Bachelot a en projet un décret modifiant le statut de l'IFEN en service de l'administration centrale. Malgré les assurances du ministère de l'écologie, nous avons des raisons d'être inquiets sur la capacité de la structure de fournir des analyses et informations objectives et indépendantes concernant notre environnement.
Parmi les propositions figurant dans le document intitulé "Synthèse et propositions d'orientations pour une réforme de la politique de l'eau" (vous pouvez le télécharger), nous ne trouvons que peu de propositions nouvelles et en tout cas pas à la hauteur des ambitions annoncées avec l'ouverture du débat national. Après notre implication dans le dossier de la valorisation des boues d'épuration en agriculture, il est difficile de laisser passer la vieille demande du lobby des épandeurs, à savoir le changement de statut avec attribution de norme. Il est vrai que le statut de déchets et l'obligation de passer par une enquête publique entraînent des complications pour le pétitionnaire. Les élus locaux délibèrent souvent contre la pratique et les citoyens se mobilisent pour faire échec à ces projets. Pour nous la réglementation actuelle, si elle n'est pas parfaite, elle garanti surtout la transparence. Nous continuerons donc à combattre la proposition qui consisterait à soustraire les promoteurs des épandages de toute obligation d'information et contrôle, sous prétexte que l'administration leur aurait accordé un label.

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