Bord’Haut de Vigny, Chemin des murets à l’intersection de la Ruelle des anciens combattants. Mai 2003.
Vigny, le 27 juin 2003.

ABHV

à l’attention de
M. BOURIENNE
Commission d’enquête publique
Mairie de Vigny
Siège des enquêtes
95420 MAGNY EN VEXIN

 

Objet : Consignation d’observations

Monsieur le Président,
Conformément au texte fixant les règles de l’enquête d’utilité publique sur le doublement de la RN 14, nous vous adressons nos observations, approuvées à l’unanimité par l’ensemble des personnes ci-dessous référencées et réunies le 25 juin 2003, constituant d’une part le conseil d’administration de notre association, des membres adhérents ou sympathisants, et d’autre part des riverains non adhérents d’ABHV.
Nous déplorons néanmoins le défaut de concertation dans le cadre de l’étude d’impact de ce projet et nous insistons, en tant qu’association de riverains oeuvrant pour la préservation de notre environnement, pour être entendus officiellement au titre de l’étude d’impact préliminaire à l’enquête d’utilité publique et a fortiori avant l’édition de la D.U.P.
Les observations qui suivent sont soutenues par tous les signataires de ce courrier. Nous nous réservons le droit de faire évoluer nos propositions en fonction de nouveaux éléments portés à notre connaissance.

1) Altération de la qualité de notre cadre de vie


Nous avons acquis des propriétés dans une zone agricole urbanisée, sise dans le Parc Naturel du Vexin, en pleine connaissance des inconvénients et avantages existants et nous sommes clairement opposés à une détérioration de notre cadre de vie émanant des conditions actuelles de réalisation du projet d’élargissement de la RN 14 en deux fois deux voies.
Nous estimons que les mesures prises pour sécuriser cet axe routier, neutraliser les nuisances prévisibles et respecter l’environnement de notre habitat ne sont pas à la hauteur de nos attentes.
Nous contestons la pertinence des indicateurs d’augmentation du trafic annuel, notamment concernant la circulation des poids lourds, en l’absence d’études statistiques et de projections portant sur le développement éventuel du réseau routier et autoroutier, l’essor démographique et économique à l’intérieur et aux abords du Parc Naturel du Vexin à l’horizon 2015, d’autant que les indicateurs de développement en amont et en aval de ce tronçon routier font apparaître une progression constante (Cf. le schéma directeur) et qu’à l’intérieur du Parc, les mutations du bâti existant en logements locatifs ou en divisions de propriétés ne sont pas prises en compte dans les évaluations. Nous présentons donc que le trafic sera beaucoup plus intense sur cet axe routier et que les nuisances doivent être largement majorées.
Nous déplorons que ce projet ne s’inscrive pas dans la lignée de celui qui a présidé l’élaboration du tronçon Cergy-Roissy pour ce qui touche à la lutte contre la pollution sonore et l’intégration dans l’environnement existant. Nous ne comprenons pas que ce projet ne respecte pas la Charte paysagère ni les recommandations de la loi Lepage de 1996.
Nous requérons des explications circonstanciées et étayées par des études indépendantes concernant l’emprise de 5m sur le territoire Nord du Bord’Haut de Vigny alors que celle-ci pourrait être réalisée au Sud, du côté de la Société AUGA, préservant ainsi les habitants de notre hameau d’un accroissement exponentiel des pollutions sonores et toxiques et des risques majeurs d’insécurité pour nos enfants et ceux du collège à venir. Nous souhaitons connaître l’ampleur des risques associés ou la nature exacte des contraintes conduisant à ce choix.
Nous demandons à ce que soient portés à notre connaissance les projets laissés de côté et les raisons qui ont motivé leur mise à l’écart.
S’agissant du projet actuel nous préférerions que la portion de la RN14 longeant le Bord’Haut de Vigny soit déviée au Nord du hameau ou bien mise sous tunnel ou bien encaissée. Nous considérons que seules ces alternatives offrent une véritable protection contre toutes les nuisances que nous serions amenés à subir dans le cadre du projet existant et pour lesquelles les préjudices restent à évaluer.
Les observations qui suivent relèvent les incohérences, les manques, les aberrations et les points de désaccord et de doute que nous avons tirés de la lecture du dossier d’enquête d’utilité publique.


2) Modification de l’écran anti-bruit


a. Sécurité
Le chemin des Murets étant un lieu de promenade pour les enfants, les jeunes et les adultes et prochainement pour les 600 collégiens du Bord’Haut de Vigny, il est évident que l’écran de 2m de haut ne constitue en aucune façon un obstacle infranchissable ou indestructible en cas d’accident de la circulation. Nous dénonçons fermement le manque de sécurité associé à cet écran.
La dangerosité de cet axe routier accentuée par la courbe n’est pas réduite par le passage à deux fois deux voies, d’autant que la vitesse légale de circulation est augmentée de 20km/h. Les accidents se produiront nécessairement à plus grande vitesse sur une zone qui devrait être considérée comme hautement sécuritaire en raison de la proximité du collège et des habitations. Nous souhaitons que cette portion de route soit maintenue à 90 km/h avec des signalisations de danger dû à la présence d’enfants.
L’emprise de 5m sur le hameau du Bord’Haut majore les risques dénoncés plus haut. Nous exigeons que les 5m soient reportés au Sud de l’axe routier.
L’écran anti-bruit doit être au minimum transformé en mur anti-bruit bétonné encaissé pour lui conférer une plus grande stabilité et ne pas subir les dégâts naturels comme c’est le cas pour l’écran anti-bruit de la Villeneuve saint Martin dont le bois se désagrège fortement et qui s’affaisse dangereusement.
Le mur anti-bruit doit offrir une réelle protection contre les dangers de la circulation et couvrir l’ensemble du hameau et ses abords immédiats.
b. Nuisances sonores
Nous contestons les mesures de bruit effectuées dans notre hameau du fait de leur non-pertinence, leur incohérence et l’absence des documents retraçant ces mesures et les analyses déductives. Nous réclamons la maîtrise de ce document dans le cadre de l’enquête publique pour être en capacité de vérifier l’exactitude des conclusions délivrées.
- Les mesures établies en juillet-aot alors que la circulation est extrêmement réduite ne sont pas représentatives de notre quotidien.
- Les mesures réalisées de septembre à novembre n’ont pas été effectuées aux étages alors que les ondes sonores se propagent soit directement soit indirectement avec plus de force en hauteur.
- Les documents d’étude des deux bureaux acousticiens agrées et indépendants ne sont pas joints à l’enquête : pour quelles raisons ?
- Aucune étude de propagation des ondes sonores n’a été portée à l’intérieur du hameau, négligeant ainsi la circulation des vents et les emprunts aux voies internes du Bord’Haut diffusant directement ou répercutant par écho les bruits, notamment depuis l’entrée du hameau côté CD 169 jusqu’au CD 51.
- L’augmentation de 3dbA résultant de l’élargissant de la RN 14 n’est étayée par aucune analyse sérieuse et contradictoire. Il n’est pas précisé si cette augmentation tient compte des aménagements anti-bruit prévus dans le cadre du projet existant (revêtement de la chaussée et écran anti-bruit) ou si cette estimation résulte de l’augmentation des nuisances en dépit des aménagements prévus.
Un expert acousticien de la CNEJA nous a affirmé que ce type de modification d’infrastructure apporte 5 à 6 dbA supplémentaires : nous exigeons que ce point soit éclairci sous tous ses aspects.
- Le dernier bâti de la rue de Rouen, sis sur la commune de Théméricourt, n’est pas pris en compte par l’écran anti-bruit. Nous réclamons que cette habitation soit préservée sur le plan des nuisances sonores en provenance de l’axe routier sur toute la portion y compris la zone en direction de Magny-en-Vexin.
- L’implantation du collège sur le hameau du Bord’Haut de Vigny n’est pas signalée dans l’enquête. Nous demandons que cet élément y figure avec la prise en compte de tous les risques associés et les mesures adaptées à la protection des personnes et des activités.
c) conception
Compte tenu de la faible épaisseur et de la hauteur insuffisante de l’écran, les bruits seront diffusés à travers la paroi et au-dessus, atteignant de plein fouet les premiers et seconds étages du bâti.
Nous réclamons une hauteur de 4m pour cet écran, avec la pose d’un merlon en béton végétalisé et encaissé, protection acoustique plus efficace pour les habitations et les jardins des riverains, notamment pour tous les types de fréquence. En effet l’actuel projet ne retient que les hautes fréquences alors que ce que nous proposons protège également des basses et moyennes fréquences : mur anti-bruit pourrait être construit avec le produit Bétoflor de chez Transbéton ou Atalus double de chez Bâtiproduit.


3) Esthétique


Nous rejoignons les suggestions de nos amis des associations du Parc Naturel et considérons qu’un soin particulier doit être mise en œuvre pour d’une part lutter contre les dégradations et d’autre neutraliser le préjudice esthétique subi.
Nous aimerions qu’une végétation grimpante, retombante et mâture dès le départ soit implantée pour éviter les tags.
4) Echangeurs
Nous souhaiterions savoir pourquoi les CD 51 et 169 sont reclassés RD et quelles en sont les conséquences ?
Nous réclamons un plan de récollement de l’ensemble de l’échangeur CD 51 au CD 169 conforme au texte et à l’échelle 1/250e minimum permettant un repérage de tous les chemins, voies agricoles, rues et déviations à l’œil nu.
a. CD 51
L’entrée vers Magny-en-Vexin doit être conservée, sinon le hameau subira un accroissement du trafic en provenance des communes proches alors que des travaux récents et coûteux ont été engagés pour réduire vitesse et circulation dans le Bord’Haut de Vigny. Une signalétique adaptée doit être prévue pour diriger le trafic en direction de l’échangeur de Comeny.
Nous souhaitons le déclassement de la Rue de Rouen en voie communale puis agricole avec fermeture du côté de Théméricourt laissant libre accès aux seuls engins agricoles.
b. CD 169
Il est impensable que les arrêts de bus dont les emplacements exacts ne figurent pas sur les plans fournis dans l’enquête, soient vraisemblablement déplacés à 1km du bâti en rase campagne sur une voie non stabilisé, insécurisée et pas ou peu éclairée. Nous réclamons des précisions à ce sujet.
Il convient de prévoir des accotements et trottoirs le long de cette voie en remplacement de la piste sablée envisagée, des éclairages soutenus pour les piétons, lycéens et collégiens se rendant à ces arrêts très éloignés des habitations.
Nous suggérons qu’une voie soit réalisée partant du nouvel échangeur et se rendant directement vers le collège évitant ainsi des rotations de cars dans le hameau.


Conclusion provisoire


Nous entendons que ces remarques ainsi que les propositions qui en découlent soient prises en compte et fassent l’objet d’un rapport circonstancié pour chacune d’entre elles. Nous demandons le renvoi de la DUP pour tous les motifs ci-dessus exposés et la tenue de concertations locales élargies à tous les riverains concernés par ce projet. Nous nous déclarons solidaires des consignations effectuées par nos amis et voisins des villages de Cléry-en-Vexin, Avernes, Le Tillay, Guiry-en-Vexin et des différentes associations de protection de l’environnement établies sur nos territoires communs.
En dépit des dates d’ouverture de l’enquête d’utilité publique qui ne permettent pas à tous nos concitoyens d’exercer pleinement leur devoir de vigilance et leur droit d’expression, notre mobilisation reste forte et pleinement déterminée. Les différents contacts que nous avons établis auprès d’experts indépendants et de personnalités qualifiées sur les plans techniques, environnementaux et judiciaires mais également dans le secteur de la presse régionale et nationale ne manqueront pas d’être activés si nous estimons ne pas avoir été suffisamment entendus et compris.

Notre prise de position ne relève pas d’un combat symbolique mais de préoccupations légitimes et majeures pour le bien-être des populations concernées et la qualité du cadre de vie que nous léguons à nos enfants.


Personnes présentes lors de l’assemblée du 25 juin 2003 (21h30 – 0h30) :
- Comité directeur d’ABHV : Guillaume Hubreght (président), Catherine Dailloux (vice-présidente), Jean Foussat (secrétaire), Gilles Cliquenois (trésorier).
- Personnes du Bord’Haut de Vigny : Lisette Guerrini, Jean-François Guillerm, Patrice et Nicole Slezak, Janine et Jacques Fouque, Pascal Lourtil, Laurent Leroux, Pascal Baribaud, Laurent Rondeau, Claire Unger Durosoir, George et Catherine Dailloux, Marie-Line Sarraud, José De Miranda, Jean-Paul et Nathalie François, Pascal et Sylvette Karampournis, Marie-Line Foussat, Denis et Jocelyne Sueur.
- Personnes de Théméricourt habitant Rue de Rouen : Michel et Marie-Claude Quetil

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