
Enquête publique sur la mise en sécurité de la Nationale 14 :
La mise en deux fois deux voies de la Nationale 14, dans le but de sécuriser
cette route particulièrement accidentogène, ne peut qu’être
souhaitée par tous et le plus vite possible. La présence des nombreuses
silhouettes noires sur le bord de la route ont marqué les esprits, mais
nous observons encore au quotidien des conducteurs au comportement aberrant.
Bien sûr l’insertion paysagère est une préoccupation
majeure. Pour autant des conséquences multiples sur les villages se situant
de part et d’autre de cet axe routier sont prévisibles. Malgré les
textes qui s’imposent pour l’aménagement d’une telle
infrastructure, même si l’on ne doute pas des bonnes intentions des
responsables du projet soumis à enquête publique, la lecture du
dossier soulève de nombreuses interrogations :
-
Peut-on admettre qu’un hameau entier (celui du Thillay) soit coupé du
reste du village, isolant ainsi les 51 habitants et condamnant les 14 enfants à un
long périple routier pour rejoindre l’école de Cléry
?
-
Comment justifier la mise à l’écart de Guiry (indirectement
aussi de Wy) et l’absence d’aménagement d’accès
direct auquel on substitue des cheminements compliqués sur des voies
partagées
avec les engins agricoles ? A-t-on oublié le Musée Archéologique
départemental et ses visiteurs ?
-
Doit-on se satisfaire de protections phoniques minimalistes pour les riverains
du Bord-Haut de Vigny (panneaux en bois de seulement 2 mètres de haut),
alors que les mesures de bruits atteignent les 70 dB et que les maisons possèdent
un étage ? Pourquoi la cloison anti-bruit n’est pas prolongée
pour couvrir le secteur d’exposition du futur collège ?
-
Doit-on subir l’augmentation considérable du trafic à travers
le village d’Avernes, consécutive aux modifications des accès,
sur un parcours étroit, manquant de visibilité ?
L’équipement apparaît comme une barrière infranchissable
qui scinde le Vexin français en deux, sans rechercher l’interaction
avec le maillage de routes et chemins de communication entre les villages de
ce territoire rural.
Alors qu’il faut encourager les circulations douces (loi Lepage de 1996,
Plan de Déplacement Urbain de 2000), le projet ne comporte pas d’aménagements
spécifiques et sécurisés pour piétons, cyclistes
et cavaliers, bien que la randonnée et plus généralement
le tourisme vert soit un axe de développement prioritaire pour le Parc
naturel régional. Le soutien du commerce de proximité est mis en
avant (voir le plan stratégique du Conseil général pour
le développement économique du Vexin) et pourtant on ne tient pas
compte des réalités locales, condamnant à terme la vente
directe à la Ferme d’En Haut de Guiry.
Il existe depuis l’an 2000 une Charte régionale de qualité des
infrastructures de transports que le Conseil général s’est
engagé à respecter. Elle comporte des obligations de concertation
et des objectifs de respect de l’environnement ou du cadre de vie des riverains,
qui semblent être en contradiction avec et les options du projet concernant
le Thillay et le Bord-Haut de Vigny.
L’augmentation de la limitation de vitesse sur la 2 fois 2 voies, de 90 à110
km/h, s’accorde mal avec la finalité de la mise en sécurité.
Dans cette optique, l’étude d’impact sur l’environnement
est plutôt sommaire. Les hypothèses d’accroissement du trafic
ne semblent pas étayées, une route à grande vitesse pouvant
entraîner une augmentation considérable de la circulation, en particulier
de poids-lourds. Des voies secondaires ne sont pas prises en compte et certains
comptages datent de 1997. De même les retombées de la pollution
au voisinage de la route sont minimisées, en particulier pour les riverains
du Bord’Haut de Vigny, dont les jardins se trouveront encore plus proches
de la chaussée suite à l’élargissement.
Pour l’ensemble de ces motifs, notre association,
Considérant que :
-
La concertation préalable à l’élaboration du projet
a été incomplète ;
-
Le projet soumis à l’enquête publique ne peut être définitif
;
-
Il est préférable de prendre en compte les aménagements
supplémentaires à ce stade.
Demande que :
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Toutes les solutions techniques soient étudiées pour permettre
la réalisation d’un souterrain de communication pour le hameau
du Thillay à Cléry-en-Vexin. Ce passage, aménagé dans
l’emprise de la déviation, concernerait les piétons, cyclistes
et randonneurs ;
-
Le village de Guiry puisse bénéficier d’un accès
direct à la
N14. L’argument de la distance entre échangeurs n’est pas
recevable. En effet, Magny-en-Vexin dispose actuellement de deux accès à quelques
centaines de mètres d’intervalle sur un tronçon de 2X2
voies. L’implantation des échangeurs ne peut être basée
que sur les nécessités d’aménagement du territoire
et non par rapport à des règles technocratiques ;
-
Une étude plus poussée sur les nuisances sonores soit réalisée
sur le Bord’Haut de Vigny et communiquée à la population
concernée. L’étude citée dans le rapport d’enquête
n’étant pas annexée, il est impossible de vérifier
si elle a été réalisée dans des conditions susceptibles
de garantir le respect des droits des riverains ;
-
L’ensemble des circulations convergentes bénéficie de comptages
précis et actuels de façon à tenir compte des conséquences
sur le trafic à travers les villages, en particulier à Avernes,
où il n’existe aucun dispositif pour ralentir la circulation et
garantir ainsi la sécurité des piétons
Approuvé par décision unanime du Conseil d’Administration le 30 juin 2003