Une expérience de la mise en application de mesures agri-environnementales dans le cadre de l'agriculture intégrée
'agriculture
respectueuse de l'environnement fait partie des préconisation communautaires
depuis déjà quelques années.
La
dérive dans l'utilisation des produits chimiques dans les trente dernières
années et la pollution de la ressource en eau dans des proportions alarmantes
ont conduit vers des politiques qui visent la maîtrise de la consommation
des produits phytosanitaires. C'est la base même de l'agriculture raisonnée,
dont le label est désormais défini dans un décret qui vient
de paraître.
Le capital principal de l'agriculture est la nature disait Régis
Ambroise, chercheur à l'INRA et auteur de l'article sur le bilan des
expériences de développement durable du point de vue de la relation
agriculture-environnement. C'est sa propre expérience que Philippe Huet,
agriculteur dans l'Eure, est venu nous exposer le vendredi 14 juin à
Frémainville. Sa volonté était de s'inscrire dans le cadre
des Plans de Développement Durables, mis en place en 1995, afin de pouvoir
rester sur ses terres et en vivre décemment.
L'agriculture
intégrée ou le retour à l'agronomie
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Mais un autre choix, la culture sans labour, n'a pas permis la réduction de l'utilisation d'herbicides, dont des quantités importantes de glyphosate, connue plus communément sous le nom de "round-up". Ce mode de culture, très favorable pour la structure du sol (le labour correspond au retournement de 5000 tonnes de terre à l'hectare), pour le développement de la faune auxiliaire (accroissement considérable du nombre de vers de terre par unité de volume), pour la lutte contre l'érosion, nécessite néanmoins avant le semis le passage d'herbicide. Au cours du débat il est clairement apparu qu'il n'existe pas de solution parfaite et qu'il faut toujours peser avantages et inconvénients. |
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Mais
la sensibilité environnementale de Philippe Huet est aussi apparue
au travers de sa découverte de l'intérêt des
pelouses calcicoles. Certaines de ses parcelles, à flanc de
coteau, présentaient un potentiel agronomique encore plus faible.
Il s'agissait d'anciennes pâtures laissées à l'abandon
après la disparition de l'élevage. Sans aucun entretien, le
milieu ouvert constitué de graminées est progressivement remplacé
par les ronces, puis les arbustes et enfin les arbres. Ces pelouses calcicoles
à l'exposition sud/sud-ouest, correspondent à des écosystèmes
très particuliers, favorables à une flore méditerranéenne
et alpine à la fois. C'est là que l'on trouve les orchidées,
d'autres plantes très rares à nos latitudes, ainsi que des
insectes spécifiques. Ils ressemblent en fait à certains sites
des coteaux de la Seine dans le Vexin, classés Natura2000, dont nous
aurons l'occasion de parler plus en détail. Une convention passée avec le Conservatoire des Sites Naturels a permis la remise en état de ces parcelles qui servent de pâtures pour des ânes, une fois la saison des orchidées passée. |
Avec
la modestie dans son approche et des convictions néanmoins solides et
construites scientifiquement , Philippe Huet nous a montré qu'il était
possible d'aller plus loin que ne le préconise l'agriculture raisonnée
qui intervient "où il faut, quant il faut, autant qu'il faut"
(extraits d'un discours de J.M. Fossier, Vice-président de la Chambre
d'Agriculture. Anticipation et raisonnement agronomique lui permettent de résister
à suivre les pratiques majoritaires et se satisfaire somme toute d'un
résultat financier honorable.
Dans la partie débat, nous n'avons pas pu éviter des interventions
sur les méfaits de la Politique Agricole Commune, la capitulation de
l'Europe sur le sujet du soja ou le prix du blé, décisions qui
à notre niveau semblent incompréhensibles. Seul l'effet est aujourd'hui
à retenir, c'est à dire la réduction inéluctable
du nombre d'exploitations, qui dans les vingt dernières années
se compte par centaines de milliers.
Nous ne pouvons terminer sans évoquer la volonté du public de
soutenir une profession, ayant comme mission de préserver nos paysages,
mais qui peut aussi par ses pratiques mettre en péril par exemple la
ressource en eau. La volonté de réduction des apports de substances
chimiques est évidente. Pour autant la vente de ces produits continue
d'augmenter !