Stéphane Duval : Un agriculteur raisonnable mais passionné

Pendant les mois de l'hiver la végétation est au repos. Il est rare que l'on apperçoive alors les agriculteurs "en plaine", c'est à dire dans les champs. Ce n'est pas pour autant qu'ils sont inactifs. En fait, tous les ans, cette période est mise à profit pour réparer les machines et l'outillage.

Stéphane a pu ainsi ménager un peu de son temps pour nous présenter son exploitation. Il a été question de la superficie de 200 hectares, nécessaire pour la viabilité, de la collaboration avec l'autre jeune agriculteur du village, Jean-Philippe Lecoq, mais c'est surtout les aspects plus techniques qui ont retenu l'attention de la quinzaine de personnes présentes.

Des explications sur les choix de culture, les plans d'assolement (succession de cultures sur une même parcelle, obéissant à des impératifs agronomiques), par exemple, pois, blé, betterave, blé, escourgeon et les particularités de chacune des plantes, tant sur les apports d'engrais, les techniques de travail, que sur les débouchés économiques.

Mais qu'est-ce donc l'agriculture raisonnée

"Apporter à la plante pas plus que ce dont elle a besoin", ce principe a été illustré concernant l'apport d'azote en trois fois au cours de l'année. Ce sujet très sensible du fait de la "publicité" concernant la pollution des cours par les nitrates a été longuement évoqué. Cependant, il faut savoir que l'assollement sert déjà à tirer partie de chaque plante pour la culture suivante. Ainsi, le colza a des racines puissantes qui travaillent le sol, le pois améliore la balance en azote du sol, réduisant ainsi le besoin en fertilisant chimique; le maïs, du fait de sa taille fait de l'ombre aux mauvaises herbes et laisse des chaumes "humides" qui, une fois incorporés dans la terre au labour suivant, apportent de la matière organique. Puis ont suivi les explications sur les différents produits phytosanitaires, herbicides et fongicides pour l'essentiel.

Le Vexin : une longue tradition céréalière

Dans l'exploitation de Stéphane, c'est les céréales qui dominent. Ceci constitue une tradition pour le Vexin. Mais le choix de produire un maximum de blé panifiable plutôt que fourrager procède d'un projet volontariste. En effet, pour obtenir les caractéristiques nécessaires (poids sec ou taux de protéines par exemple), il faut des exigences particulières au cours de la culture, au détriment du rendement pur et simple.

Le métier d'agriculteur a-t-il un avenir ?

A voir la passion de Stéphane, qui n'est surement pas un cas isolé, on ne peut douter. Néanmoins, il subsiste de nombreuses inquiétudes, car le nombre d'exploitations diminue sans cesse. Politique Agricole Commune, subventions, marché truqué, mondialisation, c'est en évoquant ces sujets que la visite a pris fin au bout de trois heures et demi d'explications et de questions. Il est convenu de se revoir, cette fois-ci sur le terrain, pour observer les plantes à la reprise de la végétation.

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