Ligne commerciale pontoise-Londres : les élus valdoisiens divisés
(extraits d'un double page de la Gazette du 24 octobre 2001)

Les élus qui soutiennent sans retenue le projet de liaison quotidienne commerciale se comptent sur les doigts de la main. Il s'agit pourtant de ténors de la droite déprtementale.

L'imminence de louverture de la ligne commerciale quotidienne reliant l'aérodrome de Pontoise/Cormeilles à Londres provoque moult vicissitudes au sein des familles politiques du Val d'Oise. Ces dissonnances sont criantes au sein même de la majorité départementale.
Mais ce dossier dépasse très largement les clivages politiques habituels. Echéances électorales obligent. Ainsi peut-on être surpris de voir s'opposer quasi-frontalement les dires du président du Conseil général du Val d'Oise, François Scellier, et ceux de ses "camarades" de l'UVO, Axel Poniatowski (maire de l'Isle-Adam et conseiller général du canton de l'Isle-Adam) ou Philippe Houillon (député-maire de Pontoise) en tête. A gauche, l'effet gauche-plurielle est lui aussi relatif. Les Verts, par la voix de leur secrétaire déprtemental Marc Denis, adoptent une position beaucoup plus tranchée que celle, plus nuancée des élus socialistes, tel le maire de Cergy, Dominique Lefevre, ou celui d'Auvers-sur-Oise Jean-Pierre Béquet, ou encore Jean-Pierre Muller, maire de Magny-en-Vexin.
Au-delà des désaccords, les opposants comme les partisans de cette prochaine ligne commerciale se retrouvent dans une même détermination. Tous refusent de voir le petit aérodrome du Vexin devenir une succursale de la plate-forme aéroportuaire de Roissy.

Jean-Pierre Bequet (PS) veut des limites. Il ne se dit pas hostile à la réouverture de la ligne. "Sinon il faudrait être logique avec soi-même et militer pour la fermeture de aérodrome". Toutefois, le maire d'Auvers appelle à la plus grande vigilance, car "cette ligne pourrait évidemment servir de préalable à d'autres lignes et d'autres compagnise". il lui paraît tout-à-fait indispensable de fixer dès à présent dans le cadre du Parc naturel Régionale par exemple, les limites du développement du trafic aérien.

Guy Paris veille au grain. "En tant que maire de Sagy, je suis sensibilisé au dossier depuis des années. Ma présence à la manifestation du 15 septembre dernier montre mon soutien à la DIRAP". Pour autant, le nouveau conseiller général du canton de Vigny ne veut pas exprimer de positions tranchée sur le sujet.

Le président du PNR fait bande à part. Gérard Claudel n'est pas hostile à cette liaison quotidienne et s'appuie même sur la charte pour justifier son positionnement.

"Nous sommes obligés d'adopter une position tranchée". Le conseiller général du canton de Marines, Jean Pichery, exprime son refus de voir développer la plate-forme aérienne de Pontoise-Cormeilles.

Pour l'adjoint au maire d'Epiais-Rhus, Jean-paul Martinot, il faut garantir à tout prix la sécurité et le cadre de vie du Vexin. Pour l'élu local, l'ouverture de la ligne commerciale régulière Paris-Londres s'oppose à la vocation d'aérodrome de tourisme et de loisirs de ce site et est en contradiction avec la charte du parc Naturel régional du Vexin français. Une charte qui demande "qu'une étude sur les nuisances existantes soit menée pour les limiter, qu'il n'en soit pas créer de nouvelles et que l'aérodrome ne connaisse pas d'extension sur le territoire du Parc".

Pour Axel Poniatowski, la volonté de développement économique est louable mais le site de Cormeilles lui semble inapproprié. Pour l'élu, "il n'est pas raisonnable d'envisager extension d'un aérodrome dans une zone aussi urbanisée que le Vexin". Et ce pour deux raisons. d'une part du fait des nuisances sonores et de pollutions liées au développement, en quantité et en volume du trafic qui s'en suivra. d'autre part, sur le plan de la sécurité : "On fait courir des risques inutiles à la population avoisinante".

François Scellier prend position pour les liaisons. L'affaire des liaisons quotidiennes Cormeilles-Londres affecte l'image de grand rassembleur de la droite départementale du président du Conseil général François Scellier. Hormis Gérard Claudel, les ténors de la droite locale affichent avec ostentation leur opposition au retour d'avions commerciaux sur la piste de l'aérodrome du Vexin. Ce qui n'a aps été le cas de François Scellier, lassé par les démonstrations d'opposition et le "tout environnement" au mépris de l'économie et de lemploi. "Les craintes injustifiées agitées sans modération et le système de peur que certains entretiennent à dessein", l'excèdent au plus au point.

Une fois n'est pas coutume les Verts parlent d'une même voix. ceux du Val d'oise en l'occurence. A l'annonce d'une éventuelle reprise des liaisons commerciales quotidiennes entre l'aérodrome de Pontoise et Londres, ces dernières ont été spontanément vouées aux gémonies par les Verts du secteur.

Michel Guiard : "Il faut féfendre une qualité de vie". Nous prennons acte de cette ouverture de ligne annoncée depuis l'été. Dans des conditions aujourd'hui transparentes, mais aussi inquiétantes. Notre position se veut êtrela synthèse entre le droit d'exister de la plate-forme, la réduction générale des nuisances, le développement économique et le droit des populations riveraines à protéger leur environnement, leur sécurité et leur qualité de vie".

La Ville nouvelle subit essentiellement les nuisances aériennes de Roissy. Pour autant, Dominique Lefevre se positionne. L'élu socialiste s'interroge sur laugmentation du trafic aérien et des vols de nuit. "La vraie réponse passe par la réalisation d'un troisième aéroport qui devrait permettre de stabiliser le trafic…
Mais le maire de Crgy ne se désintéresse pas du dossier de l'aérodrome de Pontoise-Cormeilles. N'est pas ville-porte qui veut. "Il est clair que ce dossier est un sujet régional. Les inquiétudes des riverains sont nombreuse…Si développement économique il y a, il doit se faire dans un cadre très précis. Quoi qu'il en soit, un point est certain : il faut interdire les vols de nuit.

"Je suis contre un développement substantiel de l'aérodrome de ontoise-Cormeilles". Le député-maire de la première circonscription (DL), Philippe Houillon, par ailleurs maire de Pontoise, réaffirme aujourd'hui haut et fort, qu'il s'est battu depuis le début contre ce qui guette l'équipement.

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