500 000 personnes victimes des nuisances aériennes
La région parisienne concentre 90 % des infractions à la réglementation.
A terme, Roissy-Charles-de-Gaulle devrait accueillir 100 millions de passagers par an, et Orly plus de 30 millions. En confirmant ces chiffres, les magistrats de la Cour des comptes, dans leur rapport rendu public mercredi 29 janvier, montrent que les problèmes environnementaux autour des aéroports d'Ile-de-France risquent de rester longtemps d'actualité.
Sur le plan national, 500 000 personnes, qui résident près des dix principaux aéroports du territoire, subissent des nuisances sonores. Dans son bilan annuel, présenté vendredi 31 janvier, l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) annonce qu'une insonorisation a été réalisée dans 12 000 des 180 000 logements qui se trouvent dans le "plan de gêne sonore" (PGS). La réalisation complète de ce plan, d'un montant de 1,1 milliard d'euros, nécessite l'apport de nouvelles sources de financement. "Une part de la taxe d'aéroport pourrait permettre ces opérations d'insonorisation pendant les dix ans à venir", préconise Roger Leron, directeur de l'Acnusa.
Le rapport constate que l'information sur les trajectoires des avions fournie par les aéroports connaît une avancée réelle. Cependant, l'Acnusa attire l'attention sur la mauvaise qualité de cette démarche par Aéroports de Paris (ADP) pour les riverains de Roissy et d'Orly. L'autorité lui demande que " les niveaux de bruit des avions mesurés soient mis à la disposition du public". Avant la fin de l'année 2003, ADP doit mettre en place un système de suivi des trajectoires en corrélation avec les niveaux de bruit.
BASSE ALTITUDE
Sur le bilan de la réorganisation de l'espace aérien en Ile-de-France, mis en service le 21 mars 2002, l'Acnusa demande une révision des trajectoires concernant les phases d'atterrissage (Le Monde du 23 mars). Dans ce dispositif, les avions attendent de se poser à une altitude de 900 à 1 200 mètres, 50 ou 60 kilomètres avant la piste. Ce survol a augmenté le nombre des riverains touchés par les nuisances aériennes.
Créée en juillet 1999, l'Acnusa, autorité indépendante qui ne peut donner que des avis et des recommandations, a toutefois le pouvoir d'infliger des amendes aux compagnies aériennes. En 2000, elle a dressé pour 315 000 euros d'amendes et, en 2001, près de 2 millions d'euros. Les plates-formes parisiennes concentrent, à elles seules, 90 % des dossiers d'infractions au dispositif.
Dominique Buffier
• ARTICLE PARU DANS LE MONDE EDITION DU 01.02.03