Avernes, Mai 2000
Jusque vers 1890, il ny avait quune classe communale pour les garçons. Les filles allaient à lécole des Surs Saint- Vincent de Paul.
En 1900, une autre classe a été construite à côté de celle des garçons pour les filles. les cours étaient séparées par un mur ;
Linstituteur de la classe des garçons donnait des cours du soir pour les adultes qui le souhaitaient, car il ne faut pas oublier que beaucoup de nos ancêtres, tout au moins les miens, navaient pu aller à lécole, car nétant pas très riches, ils ont dû travailler très très jeunes. Et avant notre école gratuite, laïque et obligatoire, il fallait payer..
Lécole dAvernes, après bien des discussions, est donc devenue mixte en 1933.
Les petits garçons et les petites filles étaient avec linstitutrice, les plus grands et les plus grandes avec linstituteur ;
Nous allions à lécole tous les jours sauf le jeudi et le dimanche. Le samedi, après la récréation de 15 heures, toutes les filles allaient avec linstitutrice pour apprendre à coudre : on apportait des carrés de tissus sur lesquels elle nous apprenait à faire tous les points utiles dans la couture. Pendant ce temps, tous les garçons étaient avec le maître pour dessiner et faire des petits travaux manuels.
Les meilleurs dessins étaient mis dans une vitrine dans le couloir qui desservait la classe près de la mairie.
Il y avait 3 cours dans chaque classe avec 25 à 30 élèves.
A la rentrée, on nous donnait un cahier du jour, un du soir, un cahier pour faire les cartes de géographie, un livre de lecture, un de vocabulaire, un de grammaire, un de géographie, un dhistoire de France, un de sciences.
On devait acheter nos cahiers de brouillon sur lesquels on écrivait au crayon ; sur les autres cahiers, on écrivait à lencre .
Sur chaque table, il y avait un encrier en porcelaine blanche encastré dans la table.
Il y avait un cahier de roulement. Chaque jour, le cahier changeait délève. Celui-ci devait faire tous les devoirs de la journée dessus: dictée, calcul, écriture, leçons à réciter. Sur ce cahier, le travail de tous les élèves se reflétait. On avait aussi un cahier mensuel. On sen servait une fois par mois pour les compositions qui apportaient les notes pour le classement mensuel.
On était noté aussi pour la conduite, pour les soins quon apportait à nos livres et nos cahiers et pour le rangement de nos cases et nos sacs décole.
Sur les murs, il y avait des grandes cartes de géographie et un grand tableau noir à 3 volets avec la petite boîte à craies.
Les élèves, à tour de rôle, 2 par 2, étaient désignés pour essuyer les tables de bois et le bureau du maître, tous les matins. Un autre ou une autre devait apporter le seau de charbon et du bois pour alimenter le gros poêle qui était dans chaque classe. Il fallait aussi sortir les cendres. Tous les soirs, on donnait un coup de balai entre chaque rangée de tables. Le mercredi et le samedi soir, les grandes filles faisaient un ménage plus complet dans la classe des plus petits, cest- à- dire quil fallait tirer les tables pour nettoyer en dessous. Les grands garçons en faisaient autant dans la classe des grands. Pour avoir moins de poussière, on arrosait le parquet avec un grand entonnoir. Il ny en avait quun pour les deux classes, ce qui occasionnait un peu de chahut très vite réglé car le maître nétait jamais bien loin.
A la veille de chaques vacances, on apportait un petit morceau de papier de verre pour gratter les tâches dencre sur le dessus de notre table et ensuite on la cirait avec une bougie.
A la fin de lannée scolaire, le 14 juillet, on apprenait des chants pour la fête des prix.Les plus doués, jouaient quelques" scènettes" et ensuite chaque élève recevait selon ses mérites un livre offert par la commune et par des habitants qui sintéressaient à lécole ;
Pour cette fête, où tous le village était invité, une estrade était montée sous le préau existant à ce moment là. Les fermiers prêtaient des bâches qui étaient tendues au-dessus de la cour de lécole. Un peu plus tard, le café de la Mairie a prêté la salle de danse qui est devenue depuis la salle polyvalente. Des plus petits livres étaient offerts à ceux qui avaient fait le ménage. Un prix par classe était offert par le libraire de Meulan. Cétait les prix de " bonne camaraderie " Le meilleur ou la meilleure était désigné par le vote de tous les élèves.
Je suis rentrée à lécole dAvernes le 1er octobre 1929.
Jai obtenu le certificat détudes primaires en juin 1936.
On passait cet examen à Marines, qui était à ce moment là notre canton. Jai quitté lécole le 14 juillet 1937.
Puis jai commencé à travailler à la ferme avec mes parents et mes frères. Javais 13 ans. Beaucoup de mes camarades en ont fait autant. Très peu allaient à lécole secondaire.
Les enfants en rentrant de lécole, avaient quelques petites corvées à faire.
Moi, à midi je devais aller chercher le pain, le journal " le Petit parisien ", aller tirer le cidre dans la cave , moudre le café et mettre la table.
Le soir, je devais casser du petit bois pour que mon père allume la cuisinière, le lendemain matin.
On a eu un réchaud à gaz en 1937 ou 38. Lélectricité avait été installée en 1926 chez nous, à la veille du mariage dune sur de maman.
Jai entendu raconter souvent, car étant née en 1924, je ne me souviens pas de lévénement, que beaucoup de gens venaient voir aux fenêtres de notre maison cet éclairage nouveau quaujourdhui nous trouvons tout à fait normal. Mais pour les gens de lépoque, il ny avait plus quà tourner un bouton alors quavant il fallait remplir les lampes à pétrole qui séteignaient au moindre courant dair, sans parler de léclairage à la bougie !
Lécole vers 1960
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Ecole des Garçons La salle de classe, dont la construction date de 1894, est située à louest du logement de lInstituteur et de la Mairie ; un préau-vestiaire de 6 mètres de long, 3 mètres de large et 4 mètres de haut la sépare de ces derniers. On pénètre dans lécole par une porte vitrée à deux vantaux placés au midi et donnant dans le vestiaire ; de ce dernier on entre dans la classe par une porte pleine. La salle est vaste, spacieuse, éclairée par 6 fenêtres, dont 3 au nord et 3 au midi. La ventilation a lieu au moyen de 3 vasistas ménagés au haut des fenêtres. |
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Elle mesure 9 mètres de long, 4 mètres de large et 4 mètres de haut ; un grenier est placé au dessus, le tout couvert en tuiles. Les murs de la classe sont peints à lhuile, le plafond seul est à la colle, le parquet et celui du préau sont en chêne sur bitume (extraits de la monographie de E. Videcoq, instituteur à Avernes) |
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