Visite des installations piscicoles le long de la Viosne avec Hélène Fouassier de la Fédération de Pêche et de protection des milieux aquatiques du Val d'Oise
Sous
un temps légèrement humide la visite a commencé sur le
site de Noisemont, en aval de Chars. Sur quelques centaines de mètres
de berges, des aménagements simples ont été réalisés
par l'ETU3-DDE de Saint-Ouen L'Aumône, pendant l'hiver 2000-2001. Ils
seront détaillés dans la suite. En réalité, on peut
d'emblée dire que l'ensemble des explications, ainsi que le but direct
des aménagements visaient plus la restauration des berges et du lit normal,
malmenés par des modes entretien agressifs, mis en place dans l'après-guerre.
Cette dérive est au départ le résultat d'une réalité
historique d'ordre social. Jusqu'au début du siècle les cours
d'eau étaient entretenus à la main : fauchage de l'herbe sur les
berges, une à deux fois par an, curage manuel du lit à peu près
tous les dix ans. Et puis il y eu des guerres, l'exode rural et une période
de plusieurs décennies d'abandon. Ce n'est qu'après 1945, mais
cette fois-ci avec d'autres moyens techniques, que l'homme s'est remis à
"entretenir" les cours d'eau : à grand coup de tractopelle,
les berges furent élargies et le lit sur-creusé. Il n'a nullement
été tenu compte de deux problèmes : l'élargissement
et le creusement excessif du lit ralentissent le flux, favorisant le dépôt
rapide des limons en suspension, c'est à dire l'envasement. De plus les
coup de godet sur les berges les fragilisent et ne contribuent pas à
leur enherbement, indispensable tant pour la résistance physique que
pour sa capacité à fournir à terme l'habitat à différentes
espèces de l'écosystème.
Nous avons eu
l'occasion de vérifier les méfaits de cette façon de faire
du syndicat de la Viosne dirigé par M. Potin lors de la visite du site
dit "Le clochard".
Les traces récentes de l'action du tractopelle se distinguent facilement
sur la berge gauche, ainsi que la trace des chenilles des engins passés
sur la berge droite. Le tracé redressé (en courbe douce) et les
berges rehaussées par le dépôt de produits de curages successifs
depuis des années, font que le cours d'eau ressemble à cet endroit
à un canal et non à une rivière. D'ailleurs, sans surprise,
nous avons constaté que les aménagements, très efficaces
sur le site de Noisemont, n'avaient qu'un effet médiocre sur le site
du clochard.
Mais de quels aménagements s'agit-il ? Trois types nous ont été présentés :
les
empierrements, sorte de barrages de cailloux, destinés à perturber
le flux en créant des tourbillons et en augmentant ainsi l'oxygénation
de l'eau.
Les
fascinages, faits d'alignements de piquets autour desquels on tresse des branches,
de préférence de saule. Ils agissent aussi comme les déflecteurs
en favorisant le dépôt derrière le panneau et servent
surtout à reconfigurer les côtés ouverts des méandres.Sur la photo de droite prise en aval de Courcelles-sur-Viosne on aperçoit des déflecteurs de part et d'autre. On remarque surtout des berges bien plus basses, enherbées jusqu'au ras de l'eau, donnant à la rivière un aspect bien plus naturel.
En guise de conclusion, nous avons retenu que pour que les poissons prospèrent dans un cours d'eau il ne s'agit pas simplement de les introduire. Il faut avant tout un milieu complet, équilibré, susceptible de constituer un habitat adéquat. Pour ce faire, il faut que la largeur soit adaptée au débit, avec augmentation de la vitesse par rapport à la situation actuelle, aboutissant ainsi à une situation d'autocurage. Les berges doivent être enherbées (garantie de stabilité), jusque dans l'eau, fournissant ainsi le refuge nécessaire à toute la microfaune qui sera à la base de l'écosystème.